Avant que le monde ne se ferme, Alain Mascaro

Premier roman écrit pendant un voyage, Avant que le monde ne se ferme est une fresque épique qui se déploie durant la première moitié du vingtième siècle dans la steppe kirghize.

Le héros de ce récit est Anton, dresseur de chevaux, mais il possède de nombreux talents. Né dans un cirque de tziganes, il parle plusieurs langues, russe, allemand, polonais, hongrois, mais surtout il a appris à lire, au grand dam de son père.

« Dans la kumpania, on se méfiait beaucoup de ceux qui savaient lire. Les livres étaient des prisons pour les mots, des prisons pour les hommes. Les premiers comme les seconds n’étaient libres qu’à virevolter dans l’air ; ils dépérissaient sitôt qu’on les fixait sur une page blanche ou un lopin de terre.  » (page 30)

Dans une des roulottes vit Jag, un homme rempli de sagesse, et qui enseigne à Anton l’art de survivre: « Oui mon garçon voilà bien tout le drame des hommes : ils sont exactement comme les moutons. On leur fait croire à l’existence de loups et ceux qui sont censés les protéger sont en fait ceux qui les tondent et les tuent.

Jag n’était pas homme à se laisser tondre, encore moins égorger. il inculqua à Anton l’essentiel : le sens de l’éphémère. Les vies étaient fragiles et passaient vite, si vite, il fallait toujours l’avoir à l’esprit et se garder vivant. » (page 38)

C’est ce vieil homme également qui donnera  à Anton la raison de son départ « avant que le monde ne se ferme » en lui donnant rendez-vous à Jaisalmer. L’avenir lui donnera raison, puisque le lendemain, Hitler entra dans Vienne et quatre longues années de brimades puis de sévices et d’emprisonnements suivirent.

Ce premier roman possède un souffle puissant et fait tomber un certain nombre d’a priori. Le destin des  « fils du vent » nous touche, tout particulièrement celui d’Anton. Les personnages sont riches, certains sont détestables, mais Anton va croiser nombre de belles personnes qui lui permettent (et à nous aussi) de ne pas désespérer de la nature humaine.

A noter: aucun chapitre dans ce roman, peut-être à cause des conditions d’écriture, mais cela ne gêne en rien la lecture d’une œuvre à la prose fluide. Peut-on enfermer les fils du vent?

Avant que le monde ne se ferme, Alain Mascaro, éditions Autrement, 2021, 256 pages

2 commentaires sur “Avant que le monde ne se ferme, Alain Mascaro

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